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ARGENTINE 1976

Découvrez une série documentaire en 4 épisodes sur la dictature en Argentine et ses résonances avec la société actuelle 

Entre 1976 et 1983, l’Argentine a connu l’une des dictatures militaires les plus systématiques et les plus violentes d’Amérique latine. Le régime issu du coup d’État du 24 mars 1976 a mis en place une forme de répression inédite par son ampleur et par ses modalités : la disparition forcée comme instrument central de gouvernement.

On estime à près de 30 000 le nombre de personnes disparues. À cela s’ajoutent des milliers de détenus clandestins, des centaines de centres de détention illégaux, ainsi que l’appropriation d’enfants nés en captivité. La spécificité de ce système répressif tient à sa dimension à la fois clandestine et institutionnelle : loin de constituer une série d’exactions isolées, il repose sur une organisation planifiée, articulée autour des forces armées, des services de sécurité et de réseaux civils.

L’analyse de cette période suppose de la replacer dans un cadre historique et géopolitique plus large. La dictature s’inscrit dans la continuité d’une instabilité politique chronique en Argentine depuis la chute de Juan Domingo Perón en 1955, marquée par l’alternance entre régimes civils fragiles et interventions militaires. Elle s’inscrit également dans un contexte international structuré par la guerre froide, au sein duquel les régimes militaires latino-américains ont été encouragés à lutter contre un « ennemi intérieur » dans le cadre de la doctrine de sécurité nationale.

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Organisations de défense des droits humains, mobilisations des proches de disparus, constitution d’archives et de témoignages : tout cela a joué un rôle décisif dans la production d’un savoir sur la répression et dans la construction d’une mémoire publique du régime. La transition démocratique amorcée en 1983 constitue à cet égard un moment fondateur. La création de la CONADEP et la publication du rapport Nunca Más en 1984, suivies du procès des juntes militaires en 1985, ont contribué à établir une vérité judiciaire et historique sur les crimes commis. L’Argentine s’est ainsi imposée comme un cas pionnier en matière de justice transitionnelle, en rompant avec les logiques d’impunité qui ont prévalu dans d’autres contextes.

Néanmoins, cette élaboration de la vérité et de la justice n’a pas mis un terme aux tensions mémorielles. Près d’un demi-siècle après le coup d’État, les interprétations de la dictature demeurent disputées. Le nombre de disparus fait l’objet de controverses récurrentes, la qualification des violences est parfois remise en question, et les politiques publiques de mémoire varient selon les contextes politiques. Ces débats témoignent du caractère profondément conflictuel de la mémoire de la dictature, qui continue d’articuler enjeux historiques, identitaires et politiques contemporains.

Découvrez les épisodes de la série radiophonique 

Tous les extraits des textes présents dans l'épisode ont été interprétés par Erwin Sailly et par Sylvie Alvaresse. 

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« Monsieur le Président, en concluant mon intervention, je renonce expressément à toute prétention d’originalité. Je souhaite utiliser une phrase qui ne m’appartient pas, parce qu’elle appartient désormais à l’ensemble du peuple argentin. Monsieur le Président : Nunca Más » - Julio Strassera

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