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PEINE DE MORT, 
Histoire d'une abolition 

Découvrez une série documentaire en 3 épisodes sur la peine de mort de France et le combat pour son abolition 

Dans la France d’Ancien Régime, la peine de mort est un acte politique autant que judiciaire. Elle est un spectacle public, un rituel d’autorité destiné à rappeler la puissance du roi et à maintenir la peur dans la société. La Révolution française bouleverse cet ordre mais ne renonce pas à la violence légale. Au nom de l’égalité et de la vertu, la guillotine devient l’emblème d’une justice expéditive, censée régénérer la nation par le sang. Sous Napoléon, le Code pénal codifie la peine capitale, la rationalise et la banalise : l’exécution quitte la place publique mais reste un pilier de l’ordre social. Ainsi, de la monarchie à l’Empire, la peine de mort révèle la manière dont le pouvoir s’exprime par la loi, et comment la justice sert tour à tour à punir, à discipliner ou à affirmer la souveraineté. Le XXᵉ siècle voit émerger une autre conception du droit : une justice fondée non plus sur la peur mais sur la dignité. L’expérience des guerres mondiales, des totalitarismes et des crimes d’État transforme profondément la réflexion juridique et morale. C’est dans ce contexte que se dresse la figure de Robert Badinter.

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 Le 9 octobre 1981, après un discours devenu historique, la France abolit la peine de mort. Ce geste marque une rupture symbolique, un choix de civilisation. Robert Badinter rappelle alors que chaque exécution est un échec moral de la société, et que la justice ne doit jamais être l’instrument de la vengeance. En abolissant la peine capitale, la France se hisse à la hauteur des idéaux humanistes qui ont façonné son histoire. 

Mais l’histoire ne s’arrête pas aux frontières françaises. Aujourd’hui encore, la peine de mort subsiste dans plus de cinquante pays, souvent utilisée comme instrument politique ou religieux. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2024, selon les données d’Amnesty International, au moins 1 518 exécutions ont été recensées dans quinze États, un niveau record depuis près d’une décennie. L’Iran, l’Arabie saoudite, l’Irak et la Chine concentrent l’essentiel des mises à mort, souvent à l’issue de procès inéquitables. Ailleurs, comme aux États-Unis, la peine capitale persiste, héritage d’une histoire juridique marquée par les inégalités raciales et sociales. Dans ce contexte, l’abolition française a acquis une valeur diplomatique : elle est devenue un modèle, un levier de pression morale et politique. La France, à travers ses institutions et ses diplomates, milite pour l’abolition universelle, s’appuyant sur les résolutions de l’ONU, les conventions internationales et le travail des ONG. L’enjeu devient donc également géopolitique. Car dans le maintien ou la suppression de la peine capitale s’expriment des conceptions du pouvoir, du droit et de la vie. Certains États y voient une marque de souveraineté, d’autres une preuve d’humanité. C’est dans ce clivage que se joue aujourd’hui le sens même de la justice mondiale.

Découvrez les épisodes de la série radiophonique 

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« Demain, grâce à vous la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, d'exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées » - Robert Badinter

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