
8 MARS, PORTRAITS DE FEMME
édition 2026
Découvrez une série du podcast Memento accompagnée de comédiennes afin de rendre hommage aux femmes oubliées de notre Histoire à l'occasion de la Journée Internationale des droits des femmes.
Rita Levi-Montalcini
Rita Levi-Montalcini est l’une des grandes figures scientifiques du XXᵉ siècle, à la fois pionnière en neurobiologie et symbole de résistance intellectuelle face aux persécutions. Née en 1909 à Turin, elle se forme à la médecine dans une Italie bientôt dominée par le fascisme. En raison des lois raciales promulguées par le régime de Benito Mussolini, elle est exclue de l’université en tant que juive. Elle poursuit pourtant ses recherches clandestinement, installant un laboratoire de fortune dans sa chambre, où elle commence à étudier le développement du système nerveux. Après la Seconde Guerre mondiale, elle s’installe aux États-Unis et mène des travaux décisifs sur les mécanismes de croissance des neurones. En collaboration avec le biologiste Stanley Cohen, elle découvre le facteur de croissance nerveuse (NGF), une molécule essentielle pour le développement et la survie des cellules nerveuses. Au-delà de ses contributions scientifiques, Rita Levi-Montalcini incarne une vision profondément humaniste de la science. Elle a consacré une partie de sa vie à promouvoir l’éducation, notamment celle des jeunes femmes, et à défendre l’idée que la connaissance est une forme de liberté.
Cette femme oubliée de l’histoire a été interprétée par Sylvie Pardon.
Annette Kellerman
Annette Kellerman est une figure à la croisée du sport, du spectacle et de l’émancipation féminine au début du XXᵉ siècle. Née en 1887 en Australie, elle se fait d’abord connaître comme nageuse exceptionnelle, dans un contexte où la pratique sportive féminine reste fortement limitée.
Très tôt, elle se distingue par ses performances en natation longue distance et ses exhibitions aquatiques. Mais c’est aussi par son audace qu’elle marque l’histoire : à une époque où les femmes se baignent encore vêtues de robes encombrantes, elle popularise le maillot de bain une pièce, plus fonctionnel et adapté au mouvement. Ce choix lui vaut scandales et même une arrestation pour « indécence » aux États-Unis, révélant à quel point son geste dépasse le simple cadre sportif. Elle incarne une transformation culturelle plus profonde : celle du rapport des femmes à leur corps, à la liberté de mouvement et à l’espace public. À travers le sport, le spectacle et les médias, elle contribue à redéfinir les normes sociales et à ouvrir la voie à une plus grande autonomie féminine.
Cette femme oubliée de l’histoire a été interprétée par Margaux Rinaldi.
Juliana Rotich
Juliana Rotich est une entrepreneure et technologue kényane, figure majeure de l’innovation civique en Afrique, connue pour avoir mis la technologie au service de la transparence et de la résilience démocratique. Elle se fait connaître en 2007, à la suite des violences post-électorales au Kenya, en cofondant la plateforme Ushahidi
(« témoignage » en swahili). L’outil permet de collecter et cartographier en temps réel des signalements citoyens afin de documenter les incidents et d’aider les organisations humanitaires et les médias. Rapidement adopté dans le monde entier, Ushahidi devient une référence du crowdsourcing civique et de la cartographie de crise. Dans la continuité de cet engagement, Juliana Rotich cofonde BRCK, une entreprise qui conçoit des solutions de connectivité robustes pour les environnements instables. Son produit phare, un routeur résistant aux coupures d’électricité et aux conditions difficiles, vise à maintenir l’accès à Internet là où il est le plus fragile.
Au-delà de ses réalisations techniques, Juliana Rotich incarne une vision politique de la technologie : une infrastructure au service des citoyens, capable de renforcer la responsabilité des institutions, de documenter les crises et de soutenir les sociétés civiles.
Cette femme oubliée de l’histoire a été interprétée par Betty Scouarnec
Karimeh Abbud
Karimeh Abbud est considérée comme l’une des premières femmes photographes professionnelles du Moyen-Orient et une figure essentielle de l’histoire visuelle de la Palestine au début du XXᵉ siècle. Elle commence à photographier dès l’adolescence, avant de transformer cette pratique en véritable activité professionnelle dans les années 1920, à une époque où la photographie reste largement dominée par les hommes.
Installée à Nazareth, elle ouvre son propre studio et développe une œuvre riche, mêlant portraits, scènes de vie quotidienne, paysages et documentation sociale. Ses images témoignent d’une société palestinienne vivante, diverse et en transformation, bien avant les bouleversements majeurs du milieu du XXᵉ siècle. Karimeh Abbud se distingue par son regard attentif aux femmes et aux familles, qu’elle représente avec dignité et modernité. À travers ses photographies, elle participe à construire une mémoire visuelle précieuse, aujourd’hui essentielle pour comprendre la vie en Palestine avant les déplacements massifs de population.
Longtemps oubliée, son travail a été redécouvert dans les années 2000, révélant l’importance de son apport à l’histoire de la photographie et à la préservation d’un patrimoine culturel menacé.
Cette femme oubliée de l’histoire a été interprétée par Amandine Bégu.
Joan Clarke
Joan Clarke est une mathématicienne et cryptanalyste britannique, dont le rôle décisif dans le déchiffrement des codes nazis pendant la Seconde Guerre mondiale est longtemps resté dans l’ombre.
En 1939, elle est recrutée à Bletchley Park, centre névralgique du renseignement britannique chargé de décrypter les communications ennemies.
Elle travaille notamment aux côtés du mathématicien Alan Turing sur le décryptage des messages chiffrés par la machine Enigma. Spécialiste des méthodes statistiques et logiques, Joan Clarke contribue de manière essentielle aux avancées qui permettent de briser ces codes, offrant un avantage stratégique majeur aux Alliés.
Malgré ses compétences, elle doit faire face aux discriminations de genre : officiellement classée dans une catégorie administrative inférieure à celle de ses collègues masculins, elle est moins reconnue et moins rémunérée, malgré des responsabilités comparables.
Elle incarne aujourd’hui ces figures essentielles, longtemps invisibilisées, dont les contributions ont pourtant changé le cours de l’histoire rappelant que les grandes avancées collectives reposent souvent sur des talents restés dans l’ombre.
Cette femme oubliée de l’histoire a été interprétée par Julia Kuntzle.
